{"id":354,"date":"2020-02-20T10:52:30","date_gmt":"2020-02-20T09:52:30","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/?p=354"},"modified":"2020-02-20T14:59:59","modified_gmt":"2020-02-20T13:59:59","slug":"ashes-to-ashes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/ashes-to-ashes\/","title":{"rendered":"Ashes to ashes"},"content":{"rendered":"\n<p> <em><strong>Ashes to ashes (des cendres \u00e0 la cendre)<\/strong><\/em><strong>, \u00e9crite en 1996, traduite en fran\u00e7aise par <\/strong><em><strong>Dispersion<\/strong><\/em><strong>, fait partie des pi\u00e8ces dites les plus \u00ab&nbsp;fortes&nbsp;\u00bb d\u2019Harold Pinter, prix Nobel de litt\u00e9rature en 2005.  <br>La compagnie \u00ab\u00a0Le veilleur\u00a0\u00bb la repr\u00e9sentait le jeudi 13 f\u00e9vrier au Centre paris Anim\u2019 les Halles \u00e0 l&rsquo;occasion du 7\u00e8me festival Acte&amp;Fac organis\u00e9 par le Service culturelle de l\u2019universite Sorbonne-Nouvelle de Paris 3.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p> Accueillis par la musique bien connu du groupe The Clash, Should I stay or should I go, les com\u00e9diens nous scrutent, nous interpellent et nous font part de leurs questionnements, et nous parlent notamment de cette obsession de l\u2019auteur pour les \u00ab\u00a0pauses\u00a0\u00bb qui apparaissent un grand nombre de fois dans les didascalies et soumet la question de comment les habiter. <\/p>\n\n\n\n<p>Ces pauses ce sont les silences que ce couple a besoin pour m\u00e9diter et r\u00e9soudre le puzzle de leur situation dont il manque certaines pi\u00e8ces\u2026 La conversation d\u00e9vie sur cet amant \u00e9nigmatique que la femme aurait connu, les interrogations rancuni\u00e8res du mari font office de coups de pinceaux reconstituant la toile qui pr\u00e9sente le portrait encore flou de ce tombeur inconnu.  <\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab\u00a0Apparemment il avait du cran, un sens aigu du devoir, et il \u00e9tait pers\u00e9v\u00e9rant.\u00a0\u00bb<\/em> soupire-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e9tait-ce avant ou apr\u00e8s que l\u2019on se soit connu ? r\u00e9plique son mari. <br>Car ces d\u00e9tails ont de l\u2019importance : question d\u2019adult\u00e8re ou non&#8230;<br>Dans ce d\u00e9cor fait de cartons de d\u00e9m\u00e9nagement, ce couple semble pr\u00eat \u00e0 partir. Ce qui s\u2019est pass\u00e9 marque un brisement dans leur m\u00e9nage. Il ne reste de leur foyer que des plantes vertes, des bouteille de liqueurs, et des th\u00e9i\u00e8re dispos\u00e9es sur ces cartons amoncel\u00e9s. <br>La pi\u00e8ce manque d\u2019actes concrets, pourtant les seuls qui sont pr\u00e9sents augmentent de mani\u00e8re significative la tension dramatique. Cette femme qui fait couler son th\u00e9 sur le sol, d\u00e9clarant qu\u2019elle se trouve dans un oc\u00e9an de sauce (\u00e0 probl\u00e8me) ou cet homme qui projette un carton d\u00e9truisant les murs de son appartement. On aurait envie que cela aille plus loin et qu\u2019ils s\u2019en prennent \u00e0 tous ces cartons qui attendent bien trop sagement en fond de sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous deux face public, les dialogues des amants sont emprunts d\u2019une froideur volontaire \u00e0 l\u2019image de ces n\u00e9ons en bord de sc\u00e8ne qui rappelle ceux d\u2019un espace clinique. On ne sait si elle parle \u00e0 son mari ou \u00e0 son psy, ou aux deux. <\/p>\n\n\n\n<p>Le souvenir de cet amant est-il construit de toute pi\u00e8ce ?<br>On peut tout enlever \u00e0 un \u00eatre humain sauf sa m\u00e9moire. Cette femme ne s\u2019est pas vu retir\u00e9e le souvenir de ces b\u00e9b\u00e9s arrach\u00e9s sur le bord du quai que les soldats r\u00e9quisitionnaient.  L\u2019homme enqu\u00eate sur le traumatisme de sa femme par des proc\u00e9d\u00e9s d\u2019hypnose que l\u2019on devine par la r\u00e9currence de ses claquements de doigt. Mais tout n\u2019est pas clair dans ces histoires qui se contredisent. On ne sait distinguer le vrai du faux dans les paroles de cette femme atteinte par la folie de son traumatisme.  <\/p>\n\n\n\n<p> Le jeu naturel op\u00e9r\u00e9 par le brisement du quatri\u00e8me mur au commencement permet une complicit\u00e9 singuli\u00e8re entre les com\u00e9diens. Seulement, cela laisse place \u00e0 un phras\u00e9 contemporain hors les mots d\u2019Harold Pinter auraient besoin d\u2019une tension dramatique fi\u00e8vreuse et exalt\u00e9e afin de percer la coquille du spectateur.  <\/p>\n\n\n\n<p>Le loop de la p\u00e9dale en bord de sc\u00e8ne devient l\u2019all\u00e9gorie de la r\u00e9it\u00e9ration du souvenir et ce processus appara\u00eet comme une th\u00e9rapie n\u00e9cessaire \u00e0 la compr\u00e9hension de ce traumatisme.  Ainsi les phrases se ressassent, se conjuguent et s\u2019entrem\u00ealent. La mise en sc\u00e8ne, d\u2019un genre \u00ab&nbsp;grunge poli&nbsp;\u00bb, sign\u00e9e Marion Bouquet d\u00e9peint un Harold Pinter avec une esth\u00e9tique simple et \u00e9pur\u00e9e, laissant la primaut\u00e9 au texte dans ce huis clos cartonn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mise en sc\u00e8ne &#8211; Marion BOUQUET<br>\u200bAvec &#8211; Giuseppina COMITO et Quentin METENIER<br>Sc\u00e9nographie &#8211; Justine CREUGNY<br>Costumes &#8211; Joanne HAENNEL<br>Lumi\u00e8res &#8211; Estelle CERISIER<\/p>\n\n\n\n<p>\u200b<\/p>\n\n\n\n<p>\u200b<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ashes to ashes (des cendres \u00e0 la cendre), \u00e9crite en 1996, traduite en fran\u00e7aise par Dispersion, fait partie des pi\u00e8ces&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":361,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/354"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=354"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/354\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":370,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/354\/revisions\/370"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/wp-json\/wp\/v2\/media\/361"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=354"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=354"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/untourdesarts\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=354"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}