{"id":358,"date":"2021-02-20T16:37:15","date_gmt":"2021-02-20T15:37:15","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/?p=358"},"modified":"2021-02-20T16:37:15","modified_gmt":"2021-02-20T15:37:15","slug":"eloge-au-temps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/eloge-au-temps\/","title":{"rendered":"Eloge au Temps"},"content":{"rendered":"\n<h2>Introduction<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"L&#039;heure espagnole, M. 52: Introduction\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/OLduYi4B2PY?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption><em>L&rsquo;Heure espagnole<\/em> de Ravel, Introduction.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>L\u2019horloge passe avant tout\u00a0: r\u00e9gler l\u2019horloge\u00a0!<\/em><br><em>A la dignit\u00e9 de ce r\u00f4le,<\/em><br><em>Jamais l\u2019horloger ne d\u00e9roge\u00a0;<\/em><br><em>H\u00e2te-toi, \u00e9colier qui te rends \u00e0 l\u2019\u00e9cole,<\/em><br><em>Et que les fid\u00e8les se pressent<\/em><br><em>Pour arriver, avant l\u2019Evangile, \u00e0 la messe.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Extrait des <em>Horlogers<\/em> de Franc-Nohain<\/p>\n\n\n\n<p align=\"justify\">Le Temps est sans doute l\u2019un des plus grands myst\u00e8res auxquels l\u2019homme est confront\u00e9. Depuis toute \u00e9ternit\u00e9 il cherche \u00e0 le comprendre et, de plus en plus, \u00e0 le ma\u00eetriser. Nos progr\u00e8s techniques nous permettent aujourd\u2019hui de faire quasiment fi du temps, bien que, dans nos soci\u00e9t\u00e9s occidentales, nous restions toujours extr\u00eamement attentifs \u00e0 notre horloge, \u00e0 nos minuteries et chronom\u00e8tres. Si l\u2019on ne porte pas la marque du Temps sur notre poignet, comme une marque de r\u00e9ussite sociale et professionnelle, celle-ci est la premi\u00e8re \u00e0 nous accueillir chaque fois que l\u2019on regarde notre t\u00e9l\u00e9phone portable, c\u2019est-\u00e0-dire un nombre formidable de fois par jours. Nous nous targuons d\u2019optimiser sans cesse davantage notre temps et pourtant nous courons de plus en vite apr\u00e8s lui\u2026 Car, comme nous le rappelle Concepcion, la femme de l\u2019horloger Torquedama dans <em>L\u2019Heure espagnole<\/em> de Maurice Ravel, dont nous avons \u00e9cout\u00e9 l\u2019Introduction&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mais l\u2019heure fuit, prends garde&nbsp;: le temps nous est mesur\u00e9 sans piti\u00e9&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2>Le Temps, notre monstrueux et fatal ennemi<\/h2>\n\n\n\n<h3>Cette menace \u00e0 la jeunesse et \u00e0 la beaut\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p align=\"justify\">Souvent, nous percevons le Temps comme un monstrueux et fatal ennemi\u00a0: celui dont la morsure g\u00e2che notre jeunesse et nous rapproche inexorablement de la mort. Dans <em>Le Triomphe du temp et de l\u2019illusion<\/em> de Georg Friedrich Haendel, la Beaut\u00e9 ose d\u00e9fier le Temps\u00a0: \u00ab\u00a0<em>J\u2019ai confi\u00e9 \u00e0 une arm\u00e9e de plaisirs la garde de mes pens\u00e9es, l\u2019autre va combattre avec moi. L\u2019on verra si les cruelles morsures du Temps sauront ravir ma beaut\u00e9.<\/em>\u00a0\u00bb dit-elle. Le Temps r\u00e9pond \u00e0 ces menaces avec d\u2019abord d\u00e9dain, \u00ab\u00a0<em>Une fr\u00eale beaut\u00e9 me ferait la guerre\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb, puis lui \u00e9voque non seulement une jeunesse perdue mais une vision d\u2019horreur\u00a0: le Temps enferme les beaut\u00e9s dans les profondeurs, les transforme en spectre de douleur, ne laissant que des ossements d\u2019horreur\u00a0; Il surprend et est source d\u2019incertitude, d\u2019incompr\u00e9hension et d\u2019angoisses. Cet air du Temps \u00ab\u00a0<em>Urne voi<\/em>\u00a0\u00bb (Vous, tombeaux) est sombre avec ses phrases m\u00e9lodiques descendantes qui confirment l\u2019issue funeste.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Urne voi (Il Trionfo del tempo e del disinganno - G.F. H\u00e4ndel) Score Animation\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/WKkPNY9uyhw?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption>\u00ab\u00a0<em>Urne voi<\/em>\u00a0\u00bb de <em>Il Trionfo del Tempo e del D<\/em>isinganno<em> de Georg Friedrich Haendel.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table aligncenter\"><table><tbody><tr><td><em>Urne voi, che racchiudete<\/em> <em>Tante belle<\/em> <em>Apritevi,<\/em> <em>Mostratemi<\/em> <em>Se di quelle qualche luce in voi rest\u00f2&nbsp;!<\/em> <em>Ma chiudetevi&nbsp;:<\/em> <em>Sono larve di dolore,<\/em> <em>Sono scheletri d\u2019orrore<\/em> <em>Ch\u2019il moi dente abbandon\u00f2.<\/em><\/td><td>Tombeaux, vous qui refermez Tant de beaut\u00e9s, Ouvrez-vous, Montrez- moi Si vous avez retenu un quelconque \u00e9clat de ces belles&nbsp;! Mais non, fermez-vous&nbsp;: Ce sont des larves de douleur, Des ossements d\u2019horreur, Laiss\u00e9s l\u00e0 par mes crocs.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h3>Une menace que l\u2019on veut fuir<\/h3>\n\n\n\n<p align=\"justify\">Alors, l\u2019homme tente de fuir, d\u2019\u00e9chapper au Temps et \u00e0 sa morsure. Il court apr\u00e8s le temps, comme pour le saisir et l\u2019immobiliser en le remplissant de toutes les activit\u00e9s possibles. Le temps nous semblerait-il plus l\u00e9ger si nous pouvions l\u2019alourdir de toutes nos t\u00e2ches&nbsp;? Malheureusement, cette course effr\u00e9n\u00e9e, non seulement nous fatigue voire nous \u00e9puise, elle n\u2019est d\u2019aucune utilit\u00e9 contre la puissance du Temps qui nous presse et nous fragilise. Car si le Temps nous semble trop souvent hasardeux, boiteux, il a des ailes&nbsp;! C\u2019est ce qu\u2019il proclame en personne, non sans malin plaisir, \u00e0 la Fragilit\u00e9 humaine, dans le Prologue du <em>Retour d\u2019Ulysse dans sa patrie<\/em> de Claudio Monteverdi.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Monteverdi : Le Retour d&#039;Ulysse dans sa patrie (Rolando Villaz\u00f3n, Magdalena Ko\u017een\u00e1, Emmanuelle Ha...\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/7VjWoc3CXNw?start=226&#038;feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption>\u00ab\u00a0<em>Salvo \u00e8 niente dal moi dente<\/em>\u00a0\u00bb du Prologue du <em>Il Ritorno d&rsquo;Ulisse in Patria<\/em> de Claudio Monteverdi.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td><em>Salvo \u00e8 niente dal moi dente.<\/em> <em>Ei rode, ei gode, ei gode, ei rode.<\/em> <em>Non fuggite, non fuggite o mortali,<\/em> <em>O mortali,<\/em> <em>Non fuggite, non fuggite<\/em> <em>O mortali.<\/em> <em>Ch\u00e9, se ben zoppo, se ben zoppo<\/em> <em>Ho l\u2019ali, ho l\u2019ali.<\/em><\/td><td>Rien n\u2019\u00e9chappe \u00e0 ma morsure, Qui ronge, qui jouit, qui jouit, qui ronge. Ne fuyez pas, ne fuyez pas, \u00f4 mortels, \u00d4 mortels, Ne fuyez pas, ne fuyez pas, \u00d4 mortels. Car, si je suis boiteux, boiteux, J\u2019ai des ailes, j\u2019ai des ailes.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h2>Le Temps, un concept qui nous \u00e9chappe parce qu\u2019il ne nous appartient pas<\/h2>\n\n\n\n<p align=\"justify\">Si le Temps nous est tant farouche, c\u2019est peut-\u00eatre parce que, tout simplement, nous cherchons \u00e0 l\u2019acqu\u00e9rir alors qu\u2019il ne nous appartient pas. Il nous \u00e9chappe parce que sa complexit\u00e9 et sa richesse nous d\u00e9passent, d\u00e9passent nos propres petites et limit\u00e9es conceptions du monde. Sans doute oublions-nous que, si nous mesurons le temps, c\u2019est qu\u2019il a \u2013 en tous cas dans notre id\u00e9e que nous nous faisons \u2013 un commencement. Une bonne m\u00e9thode d\u2019analyse nous inviterait \u00e0 nous pencher sur la question\u2026 C\u2019est justement sans d\u00e9tour que l\u2019Evangile de Jean d\u00e9bute par\u2026 le commencement&nbsp;: \u00ab&nbsp;Au commencement de toutes choses, la Parole existait d\u00e9j\u00e0&nbsp;: celui qui est la Parole \u00e9tait le point de d\u00e9part de toute chose&nbsp;\u00bb (Jean 1.1). En utilisant le mot grec <em>logos<\/em>, Jean choisi express\u00e9ment un mot qui, pour les juifs et les non-juifs, d\u00e9signe le point de d\u00e9part de toute chose. Que ce soit pour le Cr\u00e9ateur ou nous-m\u00eames, la parole nous offre la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er, d\u2019exprimer ce que l\u2019on est et de faire conna\u00eetre nos besoins, de communiquer avec les autres et ainsi de participer \u00e0 la cit\u00e9 et d\u2019y \u00e9voluer, de penser et ainsi d\u2019avancer dans notre compr\u00e9hension de Dieu et de notre monde. La parole, que l\u2019on donne ou que l\u2019on re\u00e7oit, est une graine dans nos esprits&nbsp;: nous la plantons, parfois pour faire grandir, parfois pour faire du mal \u2013 souvent sans nous en rendre compte. Si la parole est puissante \u2013 bien plus et bien plus souvent que l\u2019on y pense \u2013 comme un solide tronc d\u2019un ch\u00eane, ou bien belle et piquante comme une rose, elle a besoin de temps pour grandir et s\u2019\u00e9panouir. Quand on regarde la nature, le Temps lui est un ami fid\u00e8le et patient&nbsp;; il permet d\u2019apprendre, de grandir avec \u00e9quilibre et harmonie, et il gu\u00e9rit lorsque cela est n\u00e9cessaire. Cette confiance, c\u2019est ce \u00e0 quoi appelle ce cantique de Diane Ball, <em>En Son temps<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;En son temps\u2026 Ce que Dieu fait est parfait, en son temps. Seigneur J\u00e9sus, je te prie, montre-moi que dans ma vie tu fais tout ce que tu dis, en son temps.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p align=\"justify\">Le compositeur Olivier Messiaen a \u00e9galement beaucoup r\u00e9fl\u00e9chi et travaill\u00e9 sur le Temps, notamment en regard de sa fervente foi chr\u00e9tienne. La notion de temps est ind\u00e9niablement et tr\u00e8s pr\u00e9sente dans la pratique musicale. Celle-ci s\u2019est, depuis toujours, servi du temps et de sa mesure pour rentrer en r\u00e9sonnance avec le monde qui nous entoure, avec les harmonies des sph\u00e8res, pour reprendre les termes des physiciens et penseurs grecs.<\/p>\n\n\n\n<p align=\"justify\">En 1940, Olivier Messiaen, engag\u00e9 dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise comme simple soldat et musicien, est fait prisonnier et est d\u00e9port\u00e9 au camp de base de G\u00f6rlitz, en Sil\u00e9sie. Il y fait la rencontre d\u2019autres musiciens, \u00e9galement d\u2019excellent niveau, pour lesquels il compose un quatuor en huit mouvements. C\u2019est le 15 janvier 1941, par un froid sib\u00e9rien et sur des instruments de fortune, que l\u2019\u0153uvre est cr\u00e9\u00e9e devant les 500 autres prisonniers de guerre du camp. Ce <em>Quatuor pour la fin du Temps<\/em> se veut \u00ab&nbsp;Essentiellement immat\u00e9riel, spirituel, catholique. Des modes [\u2026] y rapprochent l\u2019auditeur de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 dans l\u2019espace ou infini. Des rythmes sp\u00e9ciaux [\u2026] y contribuent puissamment \u00e0 \u00e9loigner le temporel.&nbsp;\u00bb Dans de telles conditions, c\u2019est une v\u00e9ritable le\u00e7on de vie que nous donne Messiaen&nbsp;! Il remet volontairement en question un temps clairement mesur\u00e9, en d\u00e9sirant \u00e9loigner toute sensation de temps. Le compositeur veut ainsi suspendre le d\u00e9roulement du temps, nier le temps tel que nous le connaissons pour cr\u00e9er un temps propre \u00e0 l\u2019\u0153uvre, immobile. \u00ab&nbsp;Le temps est [pour nous] une perp\u00e9tuelle conversion de l\u2019avenir en pass\u00e9. Dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9, ces choses n\u2019existeront plus.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p align=\"justify\">Pour cette qu\u00eate hautement spirituelle, il puise son inspiration dans l\u2019Apocalypse 10.5-7\u00a0: \u00ab\u00a0Et l\u2019ange, que je voyais debout sur la mer et sur la terre, leva sa main droite vers le ciel, et jura par celui qui vit aux si\u00e8cles des si\u00e8cles, qui a cr\u00e9\u00e9 le ciel et les choses qui y sont, la terre et les choses qui y sont, et la mer et les choses qui y sont, qu\u2019<strong>il n\u2019y aura plus de temps<\/strong>, mais qu\u2019aux jours de la voix du septi\u00e8me ange, quand il sonnerait de la trompette, <strong>le myst\u00e8re de Dieu s\u2019accomplirait<\/strong>, comme il l\u2019a annonc\u00e9 \u00e0 ses serviteurs, les proph\u00e8tes.\u00a0\u00bb Avant le Jugement dernier, Dieu offre \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 encore un peu de temps. Entre les sixi\u00e8me et septi\u00e8me trompettes, Il suspend le temps comme Il l\u2019a d\u00e9j\u00e0 fait entre les sixi\u00e8me et septi\u00e8me sceaux, comme il l\u2019est \u00e9crit dans Apocalypse 6.11 \u00ab\u00a0On donna \u00e0 chacun d\u2019eux [les martyrs] une robe blanche, et on leur demanda de patienter encore un peu de temps, jusqu\u2019\u00e0 ce que soit compl\u00e9t\u00e9 le nombre de leurs fr\u00e8res et compagnons de service qui devaient \u00eatre mis \u00e0 mort comme eux-m\u00eames.\u00a0\u00bb Dieu est donc ma\u00eetre supr\u00eame du Temps, qu\u2019il offre avec bont\u00e9 aux hommes qui le cherchent et le servent.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Messiaen: Quatuor pour la fin du temps \/ Weithaas, Gabetta, Meyer, Chamayou\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/QAQmZvxVffY?start=1044&#038;feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption><em>Quatuor pour la fin du Temps<\/em> d&rsquo;Olivier Messiaen, mouvement 5 \u00ab\u00a0Louange \u00e0 l&rsquo;Eternit\u00e9 de J\u00e9sus\u00a0\u00bb<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p align=\"justify\">Le 5<sup>\u00e8me<\/sup> mouvement est not\u00e9 \u00ab&nbsp;infiniment lent, extatique&nbsp;\u00bb. Le violoncelle, discr\u00e8tement soutenu par le piano, fait entendre un chant \u00ab&nbsp;majestueux, recueilli, tr\u00e8s expressif&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Cette grande phrase magnifie avec amour et r\u00e9v\u00e9rence l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de ce verbe puissant et doux dont les ann\u00e9es ne s\u2019\u00e9puiseront point. Majestueusement, la m\u00e9lodie s\u2019\u00e9tale en une sorte de lointain et tendre souverain.&nbsp;\u00bb Il s\u2019agit de rendre donc compte ici de l\u2019immense puissance et infinie tendresse de J\u00e9sus, ainsi que de son \u00e9ternit\u00e9, sa toute-puissance sur le Temps. Pour l\u2019anecdote, preuve que cette \u0153uvre, et particuli\u00e8rement ce mouvement, renverse profond\u00e9ment notre conception du temps et du travail qu\u2019il impose habituellement aux instrumentistes, il est int\u00e9ressant de savoir que, au contraire de toutes les autres musiques, il est conseill\u00e9, dans l\u2019\u00e9tude de cette pi\u00e8ce, de partir d\u2019un tempo fluide et de le ralentir progressivement au fil du travail et des r\u00e9p\u00e9titions.<\/p>\n\n\n\n<h2>Le Temps, un r\u00e9confort et une promesse<\/h2>\n\n\n\n<p align=\"justify\">Lors de la Cr\u00e9ation, Dieu a cr\u00e9\u00e9 le Temps \u2013 encore une fois, tel que nous le d\u00e9finissons \u2013 lorsqu\u2019Il a cr\u00e9\u00e9 les astres du ciel. Le Temps n\u2019est alors pas du tout teint\u00e9 de nos craintes et de nos turpitudes\u00a0: bien au contraire, le Soleil, d\u2019une \u00e9clatante splendeur, se l\u00e8ve et les cieux racontent avec effusion la gloire de Dieu. Tous les jours au matin, nous avons la promesse d\u2019un lever majestueux et d\u2019un retour \u00e9clatant de la lumi\u00e8re. Tous les jours nous avons cette assurance de la chaleur vitale de l\u2019astre g\u00e9ant qui rythme nos vies, m\u00eame lorsqu\u2019il se cache derri\u00e8re les nuages. <em>La Cr\u00e9ation <\/em>de Joseph Haydn chante avec force ce que chantait d\u00e9j\u00e0 David dans le Psaume 19.2-3\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le ciel proclame la gloire de Dieu, la vo\u00fbte \u00e9toil\u00e9e r\u00e9v\u00e8le ce qu\u2019il a fait. Chaque jour en parle au jour suivant, et chaque nuit l\u2019annonce \u00e0 celle qui la suit.<\/em>\u00a0\u00bb On y loue donc le Dieu cr\u00e9ateur, grand horloger qui r\u00e8gle le mouvement des astres.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Haydn: Die Sch\u00f6pfung, Hob.XXI:2 \/ Part 1 - In vollem Glanze steiget jetzt die Sonne (Live)\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/KmM3P4-q8Js?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption><em>Die Sch\u00f6pfung<\/em> de Joseph Haydn, n\u00b012 \u00ab\u00a0<em>In vollem Glanze steiget jetzt die Sonne<\/em>\u00a0\u00bb (Le Soleil, d&rsquo;une \u00e9clatante splendeur, se l\u00e8ve).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Haydn - Die Sch\u00f6pfung - Die Himmel erz\u00e4hlen\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/rkb54z8i4l0?start=44&#038;feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption><em>Die Sch\u00f6pfung<\/em> de Joseph Haydn, n\u00b013 \u00ab\u00a0<em>Die Himmel <\/em> erz\u00e4hlen die Ehre Gottes\u00a0\u00bb (Les cieux racontent la gloire de Dieu).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p align=\"justify\">Le Psaume 130.5-6 nous dit encore&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019esp\u00e8re en l\u2019Eternel de toute mon \u00e2me et je m\u2019attends \u00e0 sa promesse. Je compte sur le Seigneur plus que les gardes n\u2019attendent le matin, oui, plus que les gardes n\u2019attendent le matin.&nbsp;\u00bb Le psalmiste prie, esp\u00e8re et attend le secours de Dieu en qui il a une ardente confiance. Charles-Maurice de Talleyrand-P\u00e9rigord, homme politique fran\u00e7ais connu pour son flegme qui sauva maintes fois l\u2019humiliation \u00e0 la France, nous en a donn\u00e9 l\u2019exemple, partageant m\u00eame, de son esprit aiguis\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il ne faut jamais se presser. Moi, je ne me suis jamais press\u00e9, je suis toujours arriv\u00e9.&nbsp;\u00bb Prenons et apprenons \u00e0 prendre notre temps, pour rester devant Dieu et l\u2019\u00e9couter parler, comme nous y invite Marc Wetzel dans son cantique <em>Prends le temps<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p align=\"justify\">Tous les jours, acceptons le temps qui nous est impos\u00e9 pour s\u2019en rendre non pas ma\u00eetre mais complice. Collaborons avec lui, sans jamais de pr\u00e9cipitation ni de lenteur. Rappelons-nous ces enrichissants vers de Nicolas Boileau-Despr\u00e9aux\u00a0: \u00ab\u00a0H\u00e2tez-vous lentement, et sans perdre courage\u00a0\/ Vingt fois sur le m\u00e9tier remettez votre ouvrage. \/ Polissez-le sans cesse et le repolissez. \/ Ajoutez quelquefois et souvent effacez.\u00a0\u00bb Si le temps demande travail et humilit\u00e9, sachons \u00e9galement prendre plaisir \u00e0 admirer la beaut\u00e9 du Temps, de la vie qui nous est offerte. C\u00e9dons \u00e0 l\u2019invitation de la Beaut\u00e9 et du Plaisirs et c\u00e9l\u00e9brons avec eux la vie, car l\u2019hiver est encore loin\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"G. F. Handel - Il Trionfo del Tempo e del Disinganno | Ren\u00e9 Jacobs (Ambronay 2018)\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/aGvlwTUhSL8?start=1562&#038;feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption>\u00ab\u00a0<em>Voler nel fior del&rsquo;anni<\/em>\u00a0\u00bb de <em>Il Trionfo del Tempo e del Disinganno<\/em> de Haendel.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table aligncenter\"><table><tbody><tr><td><em>Il voler nel fior degl\u2019anni<\/em> <em>Fra gl\u2019affanni<\/em> <em>Passar l\u2019ore \u00e8 vanita.<\/em> <em>I pensieri<\/em> <em>Pi\u00f9 severi<\/em> <em>Son del verno dell\u2019et\u00e0.<\/em><\/td><td>Qu\u2019il est vain En la fleur de l\u2019\u00e2ge De passer sa vie dans les tourments. &nbsp; Les pens\u00e9es Les plus s\u00e9v\u00e8res Sont pour l\u2019hiver de la vie.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction L\u2019horloge passe avant tout\u00a0: r\u00e9gler l\u2019horloge\u00a0!A la dignit\u00e9 de ce r\u00f4le,Jamais l\u2019horloger ne d\u00e9roge\u00a0;H\u00e2te-toi, \u00e9colier qui te rends \u00e0&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":359,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/358"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=358"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/358\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":360,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/358\/revisions\/360"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/wp-json\/wp\/v2\/media\/359"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=358"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=358"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/penseesdunmusicophile\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=358"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}