{"id":366,"date":"2022-09-19T13:24:00","date_gmt":"2022-09-19T11:24:00","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/?p=366"},"modified":"2022-09-26T13:30:39","modified_gmt":"2022-09-26T11:30:39","slug":"lextreme-droite-europeenne-en-embuscade","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/lextreme-droite-europeenne-en-embuscade\/","title":{"rendered":"L\u2019extr\u00eame droite europ\u00e9enne en embuscade"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Plusieurs \u00e9lections \u00e0 venir lassent craindre une nouvelle mont\u00e9e des populismes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>La droite extr\u00eame ne cesse de progresser en Europe depuis plusieurs ann\u00e9es. La voici d\u00e9sormais aux portes du pouvoir dans plusieurs pays du Vieux Continent. Alors qu\u2019en France Marine Le Pen, forte de ses 89 d\u00e9put\u00e9s, devient une candidate cr\u00e9dible \u00e0 la pr\u00e9sidence et qu\u2019au Royaume-Uni la succession de Boris Johnson radicalise le Parti conservateur, les scrutins auxquels sont convi\u00e9s, dans les prochains mois, les \u00e9lecteurs de Su\u00e8de, d\u2019Italie, de Slov\u00e9nie ou de R\u00e9publique tch\u00e8que laissent craindre une nouvelle \u00e9tape dans l\u2019irr\u00e9sistible mont\u00e9e de l\u2019extr\u00eame droite.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;En Hongrie, l\u2019espoir de donner un coup d\u2019arr\u00eat \u00e0 l\u2019ascension de Viktor Orban, l\u2019un des principaux porte-parole de ce mouvement, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u lorsque le premier ministre a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9lu en avril 2022. En R\u00e9publique tch\u00e8que et en Slov\u00e9nie, il est vrai, les chefs populistes ont \u00e9t\u00e9 battus aux \u00e9lections l\u00e9gislatives, l\u2019un, Andrej Babis, en octobre 2021, l\u2019autre, Janez Jansa, en avril 2022, mais ils pr\u00e9parent leur revanche \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle \u00e0 venir. On s\u2019est sans doute trop habitu\u00e9 \u00e0 la banalisation de ce ph\u00e9nom\u00e8ne pour s\u2019en \u00e9mouvoir \u00e0 l\u2019exc\u00e8s mais un seuil pourrait bien \u00eatre franchi si quelques-uns de ces partis conqui\u00e8rent la premi\u00e8re place.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jimmie Akesson en Su\u00e8de<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Le premier test aura lieu en Su\u00e8de le 11 septembre. Face au gouvernement minoritaire de la premi\u00e8re ministre social-d\u00e9mocrate Magdalena Andersson, affaibli par plusieurs crises parlementaires, les D\u00e9mocrates de Su\u00e8de, sous la conduite de Jimmie Akesson, chef du parti d\u2019extr\u00eame droite depuis 2005, d\u00e9put\u00e9 depuis 2010, sont plac\u00e9s en t\u00eate des sondages \u00e0 quelques semaines du scrutin. En progression constante dans les urnes depuis douze ans (5,7% en 2010, 12,9% en 2014, 17,50% en 2018), ils obtiendraient 21,5% des suffrages en 2022, devan\u00e7ant \u00e0 la fois la droite d\u2019Ulf Kristersson et les sociaux-d\u00e9mocrates.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Comme ses homologues europ\u00e9ens, Jimmie Akesson fait de la lutte contre l\u2019immigration, la criminalit\u00e9 et l\u2019Islam, \u00ab&nbsp;la plus grande menace \u00e9trang\u00e8re depuis la seconde guerre mondiale&nbsp;\u00bb, ses priorit\u00e9s mais, \u00e0 l\u2019image de Marine Le Pen, il a entrepris de \u00ab&nbsp;d\u00e9diaboliser&nbsp;\u00bb son parti, en le purgeant de ses \u00e9l\u00e9ments racistes ou n\u00e9o-nazis. Bon orateur, cet europhobe d\u00e9termin\u00e9, auquel on pr\u00eate l\u2019allure du gendre id\u00e9al, a su man\u0153uvrer avec habilet\u00e9 pour s\u2019imposer aux diverses factions nationalistes avant d\u2019\u00e9largir sa base \u00e9lectorale au-del\u00e0 de son camp. A 43 ans, le voici pr\u00eat \u00e0 toucher les dividendes de son engagement populiste.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Giorgia Meloni en Italie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Deuxi\u00e8me test en Italie le 25 septembre, o\u00f9 la journaliste Giorgia Meloni, pr\u00e9sidente de Fr\u00e8res d\u2019Italie, le parti qu\u2019elle a fond\u00e9 en 2014, d\u00e9put\u00e9e depuis 2006, portera les espoirs d\u2019une extr\u00eame droite que l\u2019on qualifie d\u00e9sormais de \u00ab&nbsp;postfasciste&nbsp;\u00bb pour marquer sa rupture avec l\u2019h\u00e9ritage mussolinien. La candidate r\u00e9cuse avec \u00e9nergie cette filiation. \u00ab&nbsp;Il y a plusieurs d\u00e9cennies que la droite italienne a rel\u00e9gu\u00e9 le fascisme \u00e0 l\u2019histoire&nbsp;\u00bb, d\u00e9clare-t-elle. Comme son coll\u00e8gue su\u00e9dois, comme la plupart des dirigeants d\u2019extr\u00eame droite en Europe, Giorgia Meloni joue, elle aussi, la carte de la \u00ab&nbsp;d\u00e9diabolisation&nbsp;\u00bb tout en appelant, comme eux, \u00e0 combattre avec d\u00e9termination l\u2019immigration, l\u2019islamisation, la criminalit\u00e9 et \u00e0 ren\u00e9gocier les trait\u00e9s europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;A quelques semaines du scrutin, les sondages la mettent en t\u00eate de la coalition de la droite, qui para\u00eet bien plac\u00e9e pour l\u2019emporter. Elle devance en particulier son grand rival d\u2019extr\u00eame droite, Matteo Salvini, chef de file de la Ligue, qui a perdu du terrain. Giorgia Meloni a eu la bonne id\u00e9e de se tenir \u00e0 l\u2019\u00e9cart du gouvernement d\u2019union nationale dirig\u00e9 par Mario Draghi, ce qui lui permet de se pr\u00e9senter comme une force d\u2019alternance face aux autres partis, de droite comme de gauche. Elle vient de lancer sa campagne avec fracas en diffusant la vid\u00e9o d\u2019un viol commis par un demandeur d\u2019asile sur une Ukrainienne. Avec son slogan&nbsp;\u00ab&nbsp;Relever l\u2019Italie&nbsp;\u00bb, elle s\u2019affiche comme l\u2019unique recours apr\u00e8s la chute du gouvernement Draghi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Batailles en Europe centrale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;D\u2019autres \u00e9lections s\u2019annoncent disput\u00e9es dans les prochaines semaines, notamment en Slov\u00e9nie, en octobre 2022, et en R\u00e9publique tch\u00e8que, en janvier 2023, o\u00f9 des candidats de la droite radicale, proches du premier ministre hongrois Viktor Orban, ont de s\u00e9rieuses chances de succ\u00e8s dans la course \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Dans ces deux pays, la bataille entre lib\u00e9raux et populistes est rude depuis plusieurs ann\u00e9es. Elle a fait \u00e9merger les personnalit\u00e9s clivantes de Janez Jansa dans l\u2019un et d\u2019Andrej Babis dans l\u2019autre. La succession de Borut Pahor \u00e0 Ljubljana et de Milos Zeman \u00e0 Prague relance l\u2019affrontement entre les deux courants. En Slov\u00e9nie, Anze Logar, l\u2019ancien ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res de Janez Jansa, et, en R\u00e9publique tch\u00e8que, Andrej Babis lui-m\u00eame, s\u2019il d\u00e9cide de se pr\u00e9senter, sont en bonne position pour donner la victoire aux populistes.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Pour les d\u00e9mocrates europ\u00e9ens, le combat contre l\u2019extr\u00eame droite est plus que jamais \u00e0 l\u2019ordre du jour. La plupart des pays du Vieux Continent sont menac\u00e9s. En 2023, on observera par exemple avec int\u00e9r\u00eat le vote des Finlandais, des Danois ou des Polonais. Hors d\u2019Europe, on scrutera dans quelques semaines le r\u00e9sultat des \u00e9lections de mi-mandat aux Etats-Unis et le possible retour de Donald Trump \u00e0 la Maison Blanche en 2024. Sans parler de la Russie, o\u00f9 le r\u00e9gime de Vladimir Poutine ne cache plus ses d\u00e9rives dictatoriales. La d\u00e9mocratie est d\u00e9cid\u00e9ment \u00e0 l\u2019\u00e9preuve.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Thomas Ferenczi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Cet article est \u00e9galement publi\u00e9 sur le site Boulevard Ext\u00e9rieur<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plusieurs \u00e9lections \u00e0 venir lassent craindre une nouvelle mont\u00e9e des populismes.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":367,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/366"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=366"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/366\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":368,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/366\/revisions\/368"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/wp-json\/wp\/v2\/media\/367"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=366"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=366"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/lespriteuropeen\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=366"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}