{"id":230,"date":"2020-04-16T14:14:45","date_gmt":"2020-04-16T12:14:45","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/?p=230"},"modified":"2020-04-17T19:51:23","modified_gmt":"2020-04-17T17:51:23","slug":"face-au-desastre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/face-au-desastre\/","title":{"rendered":"Face au d\u00e9sastre"},"content":{"rendered":"\n<p> <strong>O\u00f9 l&rsquo;on voit que l&rsquo;Histoire n&rsquo;est pas sans ressources&#8230; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>La bourse aux masques a-t-elle pris fin, sur les tarmacs de\nShanghai ou de P\u00e9kin&nbsp;? La France est-elle, \u00e0 ce point, d\u00e9pendante, qu\u2019elle\ndoive qu\u00e9mander&nbsp;? C\u2019est \u00e0 n\u2019y rien comprendre, \u00e0 moins de se rappeler la\nvolupt\u00e9 de la cupidit\u00e9, le d\u00e9lice des chausse-trapes, au fond, l\u2019absurde chez l\u2019Homme.\nAlors, plut\u00f4t que de geindre, on cherche des r\u00e9ponses, et l\u2019on ouvre un livre\nd\u2019histoire \u00e9crit comme un roman d\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Louis Cr\u00e9mieux-Brilhac, il y a trente ans d\u00e9j\u00e0, publia <em>Les Fran\u00e7ais de l\u2019an 40<\/em>. Ce ma\u00eetre-ouvrage vient de para\u00eetre en collection <em>Folio<\/em>, plus de deux mille pages en deux volumes, un oc\u00e9an de le\u00e7ons collectives, offertes plus qu\u2019ass\u00e9n\u00e9es. <em>\u00abA un ami qui me demandait pourquoi ce livre et pourquoi j\u2019avais consacr\u00e9 des ann\u00e9es \u00e0 neuf mois de notre histoire, je n\u2019ai su que r\u00e9pondre, si ce n\u2019est que j\u2019avais du mal \u00e0 supporter et mal compris notre d\u00e9faite de 1940\u00bb<\/em> explique l\u2019auteur en incipit. <\/p>\n\n\n\n<p>Il ne s\u2019agit pas d\u2019un r\u00e9cit lin\u00e9aire. D\u2019un th\u00e8me \u00e0 l\u2019autre, Cr\u00e9mieux-Brilhac, dont on souligne qu\u2019il fut l&rsquo;une des figures de la France Libre, dispose des \u00e9l\u00e9ments d\u2019analyse&nbsp;en titre de chapitres : \u00ab <em>Face \u00e0 l\u2019Allemagne, face \u00e0 la guerre&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Les batailles de l\u2019opinion&nbsp;<\/em>\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>Le moral dans l\u2019arm\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>La chute&nbsp;<\/em>\u00bb. Il ne juge pas, m\u00eame quand il condamne. L\u2019historien de 1990 \u00e9vite au jeune capitaine qu\u2019il fut les anachronismes, la t\u00e9l\u00e9ologie. Mais il ne l\u2019emp\u00eache pas de crier sa col\u00e8re. Et c\u2019est ce qui donne au livre sa chair. Les portraits de Daladier, de Marcel D\u00e9at, d\u00e9montrent que la fatalit\u00e9 n\u2019existe pas, qu\u2019en d\u00e9pit des \u00e9l\u00e9ments formidables mis en mouvement par une trag\u00e9die commune, chacun poss\u00e8de une responsabilit\u00e9, bien qu\u2019il n\u2019en ma\u00eetrise pas les engrenages. Autant que leur outillage mental, Jean-Louis Cr\u00e9mieux-Brilhac ausculte les fr\u00e9missements de sensibilit\u00e9, l\u2019arborescence intime de ses personnages. <\/p>\n\n\n\n<p>A ceux qui croient tout savoir de ce versant de notre Histoire, \u00e0 ceux qui d\u00e9tournent le regard, esp\u00e9rant vivre les fleurs et les roses, bien \u00e0 l\u2019abri d\u2019un virus assassin, recommandons la lecture de ce tableau fantastique. En premier lieu, parce qu\u2019il rend justice \u00e0 nos trois couleurs chaudes, \u00e0 ce flambeau de tissu qui berce, au fronton des \u00e9coles et des mairies, les citoyens de ce pays. <em>\u00abChez les Cr\u00e9mieux,<\/em> note joliment l\u2019historien Julien Winock dans la biographie qu\u2019il consacre \u00e0 notre homme (<em>La documentation Fran\u00e7aise<\/em>, 271 p. 9,90 \u20ac), <em>la France est ch\u00e9rie, elle est cette nation d\u2019exception, porteuse de libert\u00e9 et d\u2019\u00e9mancipation.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais <em>Les Fran\u00e7ais de l\u2019an 40<\/em> est un livre est essentiel aussi pour l\u2019effet de miroir qu\u2019il produit. Bien s\u00fbr, il y aurait de l\u2019ind\u00e9cence \u00e0 d\u00e9clarer que le printemps 2020 nous ram\u00e8ne \u00e0 la D\u00e9b\u00e2cle. Confondre une pand\u00e9mie, fut-elle affreuse et meurtri\u00e8re, avec le d\u00e9ferlement des Panzers et des Messerschmitt, il y aurait l\u00e0 presque un scandale. Pourtant, l\u2019impr\u00e9paration, l\u2019ind\u00e9cision des \u00e9lites fran\u00e7aises face \u00e0 l\u2019ennemi, le poids de la rumeur et l\u2019\u00e9mergence de la d\u00e9lation, tout cela n\u2019est pas sans \u00e9voquer quelques aspects de notre \u00e9poque. Au-del\u00e0 des apparences, autrefois comme aujourd\u2019hui, la multiplicit\u00e9 des opinions contraires, port\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;incandescence, menace de d\u00e9litement la communaut\u00e9 nationale. <\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Louis Cr\u00e9mieux-Brilhac \u00e9crit ceci&nbsp;: \u00ab<em>&nbsp;Anatole de Monzie<\/em> [homme politique fran\u00e7ais, 1876-1947, NDLR]&nbsp; <em>relisant peu apr\u00e8s l\u2019armistice l\u2019oraison fun\u00e8bre d\u2019Henriette Marie de France, reine d\u2019Angleterre, o\u00f9 Bossuet brosse un tableau superbe de Cromwell, jetait sur une fiche cette note de style t\u00e9l\u00e9graphique&nbsp;: \u00ab&nbsp;<\/em>Bossuet \u00e0 propos de Cromwell&nbsp;: un homme s\u2019est rencontr\u00e9&nbsp;\u00bb. Pas transposable \u00e0 39-40&nbsp;: un homme ne s\u2019est pas rencontr\u00e9.&nbsp;<em>\u00bb Si un homme s\u2019est rencontr\u00e9 dans l\u2019histoire fran\u00e7aise de la guerre, ce fut apr\u00e8s le d\u00e9sastre.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Tout le monde n\u2019est pas Charles de Gaulle. Mais il n\u2019est pas interdit d&rsquo;imaginer qu\u2019un homme,&nbsp; jeune encore, trouve en lui le ressort de donner du sens \u00e0 l\u2019histoire. \u00ab&nbsp;<em>A chacun de se r\u00e9inventer, moi le premier<\/em> \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 le pr\u00e9sident Macron lundi dernier. Chiche&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>O\u00f9 l&rsquo;on voit que l&rsquo;Histoire n&rsquo;est pas sans ressources&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":231,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0},"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/230"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=230"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/230\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":245,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/230\/revisions\/245"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/231"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=230"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=230"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/leblogdefrederickcasadesus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=230"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}