{"id":601,"date":"2019-12-08T21:07:10","date_gmt":"2019-12-08T20:07:10","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/?p=601"},"modified":"2019-12-08T22:07:07","modified_gmt":"2019-12-08T21:07:07","slug":"albert-schweitzer-une-trajectoire-protestante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/albert-schweitzer-une-trajectoire-protestante\/","title":{"rendered":"Albert Schweitzer (1875-1965), une trajectoire protestante"},"content":{"rendered":"\n<p>A l&rsquo;occasion d&rsquo;un colloque (1998), le pasteur concordataire se confronte \u00e0 la figure iconique d&rsquo;Albert Schweitzer, th\u00e9ologien et m\u00e9decin alsacien.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Un th\u00e9ologien ignor\u00e9 par les siens<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de th\u00e9ologie, de musicologie, d&rsquo;\u00e9thique, de philosophie, d&rsquo;histoire des religions, de mystique, d&rsquo;aventures africaines, la vie d&rsquo;Albert Schweitzer (1875-1965) est suffisamment riche pour que nous soyons quelques-uns de par le monde \u00e0 y trouver mati\u00e8re \u00e0 admiration.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame en France, o\u00f9 son \u0153uvre est mal connue, on a quand m\u00eame entendu parler du prix Nobel de la paix ; on sait aussi que le docteur Schweitzer a fond\u00e9 un h\u00f4pital quelque part en Afrique; on conna\u00eet sa silhouette immortalis\u00e9e par de grands photographes et on l&rsquo;associe parfois \u00e9galement au combat contre le nucl\u00e9aire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les Fran\u00e7ais savent peu de chose sur son \u0153uvre \u00e9crite et ses ouvrages sur le Nouveau Testament sont \u00e0 peu pr\u00e8s ignor\u00e9s. Et pourtant, si l&rsquo;on tient compte de la chronologie, Albert Schweitzer fut d&rsquo;abord un acteur majeur de la sc\u00e8ne n\u00e9otestamentaire allemande (donc mondiale) notamment gr\u00e2ce \u00e0 son ouvrage sur l&rsquo;histoire des recherches sur la vie de J\u00e9sus : <em>Von Reimarius zu Wrede. Eine Geschichte der Leben-Jesu Forschung<\/em>&nbsp;(1906, \u00e9dition d\u00e9finitive 1913, jamais \u00e9t\u00e9 traduit en fran\u00e7ais). Et c&rsquo;est par ce biais que j&rsquo;aimerais aborder le caract\u00e8re, me semble-t-il, irr\u00e9m\u00e9diablement protestant de la trajectoire schweitzerienne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Que Schweitzer soit de confession protestante, c&rsquo;est un fait qui ne souffre aucune contestation. Fils de pasteur, pasteur lui-m\u00eame,&nbsp;<em>Privatdocent<\/em>&nbsp;\u00e0 la facult\u00e9 de th\u00e9ologie protestante de Strasbourg, son enracinement protestant est solidement attest\u00e9. Toutefois, un enracinement sociologiquement protestant n&rsquo;implique pas obligatoirement une trajectoire biographique th\u00e9ologiquement protestante.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le principe protestant&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce double usage de l&rsquo;adjectif protestant, sociologique ou th\u00e9ologique, renvoie \u00e0 la distinction op\u00e9r\u00e9e par le th\u00e9ologien am\u00e9ricain d&rsquo;origine allemande Paul Tillich, entre d&rsquo;une part la \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9 protestante\u00a0\u00bb et d&rsquo;autre part le \u00ab\u00a0principe protestant\u00a0\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9 protestante\u00a0\u00bb rel\u00e8ve de la sociologie. Ainsi, la d\u00e9cision d&rsquo;un synode d&rsquo;Eglise protestante sera d&#8217;embl\u00e9e qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0protestante\u00a0\u00bb, m\u00eame si elle contredit une affirmation th\u00e9ologique fondamentale de la R\u00e9forme. Autrement dit, la r\u00e9alit\u00e9 protestante, c&rsquo;est ce que font les protestants.<\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab\u00a0principe protestant\u00a0\u00bb rel\u00e8ve de la philosophie ou de la th\u00e9ologie. C&rsquo;est un principe essentiellement critique. Ce principe entend faire \u0153uvre de v\u00e9rit\u00e9 en s&rsquo;\u00e9levant \u00ab\u00a0contre la pr\u00e9tention de toute forme finie \u00e0 incarner l&rsquo;absolu\u00a0\u00bb (2). Le principe protestant peut entrer en contradiction avec la r\u00e9alit\u00e9 protestante; ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;un synode prend une d\u00e9cision que cette d\u00e9cision est conforme au principe protestant. Les proph\u00e8tes de l&rsquo;Ancien testament sont l&rsquo;exemple type d&rsquo;une manifestation du principe protestant dans l&rsquo;histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette notion de principe protestant se trouve dans de nombreux textes de Paul Tillich notamment dans un article de 1931&nbsp;(en allemand), repris en 1948 (en anglais), intitul\u00e9 : \u00ab\u00a0Principe protestant et situation prol\u00e9tarienne\u00a0\u00bb. Ce texte critique l&rsquo;attitude des Eglises allemandes accus\u00e9es de ne pas avoir su prendre la mesure de la situation des ouvriers et d&rsquo;\u00eatre rest\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 de la bourgeoisie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce texte comprend, ind\u00e9pendamment de son sujet, une d\u00e9finition du principe protestant qui, \u00e0 mon sens, \u00e9claire la trajectoire schweitzerienne. \u00ab\u00a0Le protestantisme, \u00e9crit Paul Tillich, a un principe qui se situe par-del\u00e0 toutes ses r\u00e9alisations. Ce principe est la source critique et dynamique de toutes les r\u00e9alisations protestantes\u00a0\u00bb (Jean-Paul Gabus,&nbsp;<em>Introduction \u00e0 la th\u00e9ologie de la culture de Paul Tillich<\/em>, p. 141).<\/p>\n\n\n\n<p>Paul Tillich affirme ici non seulement le caract\u00e8re critique du principe protestant mais \u00e9galement son caract\u00e8re dynamique et donc cr\u00e9ateur. La critique seule est insuffisante si elle ne d\u00e9bouche pas dans un second temps sur une cr\u00e9ation. Martin Luther est une belle illustration de cette d\u00e9finition dans de nombreux domaines; par exemple le domaine litt\u00e9raire : sous-tendue par cette conviction selon laquelle tous les hommes sont \u00e0 \u00e9gale distance de Dieu, sa contestation des conditions d&rsquo;acc\u00e8s de tous au texte biblique le conduit \u00e0 traduire la Bible en langage vernaculaire, effort intellectuel consid\u00e9rable, cr\u00e9ation majeure de son si\u00e8cle au plan th\u00e9ologique et litt\u00e9raire. La critique aux accents proph\u00e9tiques de Luther s&rsquo;est transform\u00e9e en dynamique cr\u00e9atrice.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une th\u00e9ologie pratique&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il me semble que cette d\u00e9finition particuli\u00e8re du principe protestant peut \u00e9galement s&rsquo;appliquer dans le cas d&rsquo;Albert Schweitzer. Depuis l&rsquo;article d&rsquo;Andr\u00e9 Gounelle \u00ab\u00a0Schweitzer vu par Tillich\u00a0\u00bb, nous savons de mani\u00e8re plus pr\u00e9cise l&rsquo;admiration que Paul Tillich portait \u00e0 Schweitzer et en particulier \u00e0&nbsp;<em>l&rsquo;Histoire des recherches sur la vie de J\u00e9sus<\/em>. Pour Tillich, \u00ab\u00a0tout \u00e9tudiant en th\u00e9ologie devrait lire ce livre; c&rsquo;est un des premiers must th\u00e9ologiques et il y en a peu\u00a0\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette valorisation par Tillich de cet ouvrage particulier de Schweitzer ne doit pas surprendre : il s&rsquo;agit d&rsquo;un livre fondamentalement critique pour ne pas dire iconoclaste et cela avait tout pour s\u00e9duire un th\u00e9ologien comme Tillich.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;\u00e9vidence, le principe protestant est \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre dans&nbsp;<em>l&rsquo;Histoire des recherches sur la vie de J\u00e9sus<\/em>. De nombreuses ic\u00f4nes de l&rsquo;histoire de la th\u00e9ologie y sont malmen\u00e9es ; Schleiermacher et Renan n&rsquo;\u00e9tant pas les moindres des victimes du jeune Schweitzer qui \u00e0 31 ans \u00e9tait un d\u00e9butant, d&rsquo;un point de vue acad\u00e9mique, mais un d\u00e9butant talentueux et plein d&rsquo;assurance, un grand critique promis \u00e0 une carri\u00e8re universitaire prestigieuse au sein de l&rsquo;universit\u00e9 allemande. Cette carri\u00e8re universitaire, Schweitzer n&rsquo;en a pas voulu. Tirant de mani\u00e8re radicale les cons\u00e9quences de ses brillantes \u00e9tudes sur J\u00e9sus, il choisit une autre voie, une voie nouvelle en ce qui concerne les sp\u00e9cialistes du Nouveau Testament, une voie que l&rsquo;on r\u00e9sumera en un mot : l&rsquo;Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, Schweitzer n&rsquo;est pas le premier \u00e9crivain blanc europ\u00e9en \u00e0 s&rsquo;aventurer sur ce continent. On pourrait de mani\u00e8re ludique, en remontant une g\u00e9n\u00e9ration, se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 Arthur Rimbaud, le po\u00e8te, n\u00e9 en 1854, auteur d&rsquo;une \u0153uvre fulgurante qui, apr\u00e8s avoir abandonn\u00e9 la litt\u00e9rature \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 20 ans, se rend en Afrique pour y faire fortune. Il y devient (entre autre) trafiquant d&rsquo;armes, tombe gravement malade pour revenir mourir en France \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 37 ans en 1891. Un peu plus de 20 ans apr\u00e8s, Schweitzer se rend en Afrique \u00e0 son tour, renon\u00e7ant \u00e0 un confort mat\u00e9riel annonc\u00e9 pour y soigner les malades. Il y trouvera, sans l&rsquo;avoir vraiment cherch\u00e9, une notori\u00e9t\u00e9 mondiale de son vivant, notori\u00e9t\u00e9 symbolis\u00e9e par le prix Nobel en 1952.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une tradition d&rsquo;exil&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;il n&rsquo;est pas le premier \u00e9crivain \u00e0 s&rsquo;aventurer en Afrique, Schweitzer n&rsquo;est pas non plus le premier professeur de la Facult\u00e9 de Th\u00e9ologie protestante de Strasbourg \u00e0 abandonner l&rsquo;universit\u00e9 en cours de carri\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une quarantaine d&rsquo;ann\u00e9es avant lui, en 1870, Timoth\u00e9e Colani, n\u00e9 en 1824, l&rsquo;un des grands th\u00e9ologiens fran\u00e7ais du XIXe si\u00e8cle avec Edouard Reuss, avait \u00e9galement abandonn\u00e9 l&rsquo;universit\u00e9 lorsque les allemands entr\u00e8rent dans Strasbourg. Timoth\u00e9e Colani avait \u00e9t\u00e9 pasteur \u00e0 St-Nicolas \u00e0 Strasbourg (Schweitzer sera pasteur dans la m\u00eame paroisse, \u00e0 partir de 1900), avait r\u00e9dig\u00e9 une th\u00e8se sur&nbsp;<em>La philosophie de la religion de Kant<\/em>&nbsp;(Schweitzer \u00e9galement), une th\u00e8se sur&nbsp;<em>David Friedrich Strauss<\/em>, puis une th\u00e8se de doctorat sur&nbsp;<em>J\u00e9sus et les croyances messianiques de son temps<\/em>&nbsp;(l&rsquo;un des sujets de pr\u00e9dilection de Schweitzer ex\u00e9g\u00e8te). Fondateur de la&nbsp;<em>Revue de Th\u00e9ologie de Strasbourg<\/em>&nbsp;en 1850, il fut professeur \u00e0 la Facult\u00e9 de Strasbourg de 1864 \u00e0 1870. Par la suite, Colani tenta sans succ\u00e8s de faire fortune dans l&rsquo;industrie et finit sous-biblioth\u00e9caire \u00e0 la Sorbonne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les quelques paragraphes qui lui sont consacr\u00e9s dans&nbsp;<em>l&rsquo;Histoire des recherches sur la vie de J\u00e9sus<\/em>&nbsp;attestent qu&rsquo;Albert Schweitzer tenait son \u0153uvre en haute estime m\u00eame s&rsquo;il ne partageait pas toutes ses conclusions.<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;il n&rsquo;est pas le premier th\u00e9ologien \u00e0 quitter l&rsquo;universit\u00e9 en cours de carri\u00e8re, Schweitzer n&rsquo;est pas non plus le premier th\u00e9ologien \u00e0 franchir les limites du territoire fran\u00e7ais (dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;on consid\u00e8re que l&rsquo;Alsace est un territoire fondamentalement fran\u00e7ais, de temps \u00e0 autre administr\u00e9 par l&rsquo;Allemagne, selon les p\u00e9rip\u00e9ties de l&rsquo;histoire).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours \u00e0 titre ludique, peut-\u00eatre aussi pour marquer le caract\u00e8re fran\u00e7ais de la trajectoire schweitzerienne, on pourra donc remonter jusqu&rsquo;\u00e0 Jean Calvin lui-m\u00eame, le premier th\u00e9ologien protestant fran\u00e7ais qui, pour les raisons que l&rsquo;on sait, a d\u00fb s&rsquo;exiler \u00e0 Gen\u00e8ve marquant par l\u00e0, d\u00e8s le d\u00e9but, le caract\u00e8re marginal de la th\u00e9ologie protestante dans le paysage intellectuel fran\u00e7ais.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une dynamique de cr\u00e9ation&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis Calvin, l&rsquo;histoire de la th\u00e9ologie protestante en France ressemble \u00e0 une longue succession d&rsquo;exils. Jusqu&rsquo;au XXe si\u00e8cle, o\u00f9 avec Schweitzer, on citera les noms de Guillaume Baldensperger (en Allemagne), d&rsquo;Oscar Cullmann (en Suisse), de Gabriel Vahanian, de Daniel Patte ou de Paul Ricoeur (tous trois aux Etats-Unis). Et l&rsquo;internement des Schweitzer (consid\u00e9r\u00e9s comme citoyens allemands) en 1917 et 1918 \u00e0 Garaison puis St R\u00e9my de Provence est un symbole extr\u00eame du rapport que la France entretient avec les th\u00e9ologiens protestants.<\/p>\n\n\n\n<p>En choisissant d&rsquo;infl\u00e9chir une trajectoire a priori toute trac\u00e9e, de l&rsquo;universit\u00e9 de Strasbourg \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Lambar\u00e9n\u00e9, Schweitzer est pass\u00e9 de la critique pointant les dysfonctionnements d&rsquo;un certain type de science n\u00e9otestamentaire \u00e0 la cr\u00e9ation de quelque chose de neuf, cet h\u00f4pital de brousse con\u00e7u par un th\u00e9ologien interpr\u00e9tant de mani\u00e8re contemporaine et personnelle l&rsquo;enseignement de J\u00e9sus (J\u00e9sus dont il convient de rappeler que s&rsquo;il \u00e9crivit fort peu, il soigna par contre beaucoup).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Et c&rsquo;est parce qu&rsquo;il est pass\u00e9 de la critique \u00e0 une dynamique de cr\u00e9ation que la trajectoire schweitzerienne m&rsquo;appara\u00eet comme authentiquement protestante, au sens th\u00e9ologique du terme, tel que Paul Tillich l&rsquo;entendait. Un Paul Tillich qui, s&rsquo;il admirait&nbsp;<em>l&rsquo;Histoire des recherches sur la vie de J\u00e9sus<\/em>, n&rsquo;a pas sembl\u00e9 vouloir commenter la partie africaine de la vie de Schweitzer. Il est vrai que le choix effectu\u00e9 par ce dernier en faveur de l&rsquo;abandon d&rsquo;une carri\u00e8re th\u00e9ologique universitaire au profit d&rsquo;une aventure extr\u00eamement risqu\u00e9e, ce choix constitue une formidable remise en question du statut du th\u00e9ologien. Paul Tillich, qui finit sa vie au plus haut niveau universitaire \u00e0 Harvard, a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 sensible \u00e0 cette remise en question implicite.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais au-del\u00e0 du cas de Paul Tillich qui par ailleurs a pris de vrais risques dans sa vie, notamment dans les ann\u00e9es trente (Paul Tillich fut en 1933 le premier professeur d&rsquo;universit\u00e9 non-juif \u00e0 \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9 par le r\u00e9gime nazi), c&rsquo;est bien s\u00fbr l&rsquo;ensemble des th\u00e9ologiens que questionne la trajectoire de Schweitzer. Ainsi, au jour du jugement dernier, il n&rsquo;est pas interdit d&rsquo;imaginer (toujours \u00e0 titre ludique) que les th\u00e9ologiens protestants s&rsquo;entendront irr\u00e9m\u00e9diablement poser les questions suivantes : contre quoi vous \u00eates-vous \u00e9lev\u00e9s ? quels sont les risques personnels que vous avez pris ? qu&rsquo;avez-vous cr\u00e9\u00e9 ? &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l&rsquo;occasion d&rsquo;un colloque (1998), le pasteur concordataire se confronte \u00e0 la figure iconique d&rsquo;Albert Schweitzer, th\u00e9ologien et m\u00e9decin alsacien.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":605,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/601"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=601"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/601\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":612,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/601\/revisions\/612"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/wp-json\/wp\/v2\/media\/605"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=601"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=601"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/journaldunpasteurconcordataire\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=601"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}