{"id":691,"date":"2026-01-18T19:13:20","date_gmt":"2026-01-18T18:13:20","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/?p=691"},"modified":"2026-01-18T19:13:20","modified_gmt":"2026-01-18T18:13:20","slug":"la-psychiatrie-en-prison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/la-psychiatrie-en-prison\/","title":{"rendered":"La psychiatrie en prison"},"content":{"rendered":"\n<p><em>La population carc\u00e9rale se caract\u00e9rise par une pr\u00e9valence de 4 \u00e0 6 fois plus \u00e9lev\u00e9e de maladies psychiatriques que la population fran\u00e7aise ordinaire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Au total, environ un quart de la population p\u00e9nale masculine souffre d\u2019au moins un trouble psychiatrique. Les maladies mentales les plus fr\u00e9quentes sont la schizophr\u00e9nie, les troubles psychotiques, les troubles de l\u2019humeur, les syndromes d\u00e9pressifs, les troubles anxieux, les probl\u00e9matiques d\u2019addiction. Pour les femmes, il faut signaler l\u2019importance des troubles psychiatriques traumatiques secondaires \u00e0 des violences domestiques et\/ou des agressions sexuelles, cela concerne environ les deux tiers des femmes incarc\u00e9r\u00e9es\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<p>La prise en charge des soins m\u00e9dicaux en milieu carc\u00e9ral est codifi\u00e9e par la loi de 1994, elle se caract\u00e9rise par deux points principaux. D\u2019une part, lors de leur incarc\u00e9ration, tous les d\u00e9tenus se voient attribu\u00e9s un num\u00e9ro temporaire de s\u00e9curit\u00e9 sociale, ils b\u00e9n\u00e9ficient donc de soins somatiques et psychiatriques gratuits. D\u2019autre part, chaque \u00e9tablissement p\u00e9nitentiaire est rattach\u00e9 par une convention \u00e0 un hopital de proximit\u00e9, qui met \u00e0 disposition une \u00e9quipe soignante (m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes, infirmi\u00e8res, psychiatres, psychologues).<\/p>\n\n\n\n<p>En prison comme \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, il existe trois niveaux de soins psychiatriques. Le premier est celui des consultations en ambulatoire, les d\u00e9tenus prennent rendez-vous par eux-m\u00eames ou bien sur indication d\u2019un m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste. Le second correspond \u00e0 une prise en charge semblable \u00e0 celle qui se fait en h\u00f4pital de jour&nbsp;: les d\u00e9tenus sont affect\u00e9s dans une aile d\u00e9di\u00e9e de la prison, dont la s\u00e9curit\u00e9 est g\u00e9r\u00e9e par l\u2019administration p\u00e9nitentiaire, une \u00e9quipe m\u00e9dicale et para-m\u00e9dicale est pr\u00e9sente la journ\u00e9e, du lundi au dimanche. Les patients ont acc\u00e8s \u00e0 des entretiens psychiatriques, psychologiques, infirmiers, ainsi qu\u2019\u00e0 des activit\u00e9s th\u00e9rapeutiques vari\u00e9es (ergoth\u00e9rapie, psychomotricit\u00e9, m\u00e9diation animale), en individuel ou en groupe. Le troisi\u00e8me est celui de l\u2019hospitalisation \u00e0 temps plein, dans un h\u00f4pital psychiatrique de proximit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me essentiel des soins psychiatriques en prison est le manque de personnel soignant. Environ la moiti\u00e9 des postes de psychiatres en milieu carc\u00e9ral sont vacants. Cela refl\u00e8te autant le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat de la profession pour cette exercice particulier, que le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat des m\u00e9decins pour le travail en milieu hospitalier. Dans certains \u00e9tablissements, il n\u2019y a aucun psychiatre pr\u00e9sent, ce qui obliges les \u00e9quipes soignantes \u00e0 adresser le patient aux urgences de l\u2019hopital le plus proche quand ils ont une inqui\u00e9tude pour la sant\u00e9 mentale du patinent. Cette d\u00e9marche est tr\u00e8s couteuse en temps et en personnel p\u00e9nitentiaire, ce qui aggrave encore un peu plus la pr\u00e9carit\u00e9 du quotidien des d\u00e9tenus.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nombre \u00e9lev\u00e9 de personnes souffrant de maladie mentale en prison s\u2019explique par de nombreuses causes distinctes, qui se renforcent les unes les autres. Une raison majeure est la diminution depuis quelques d\u00e9cennies du nombre de lit dans les services psychiatriques. L\u2019offre de soins est pass\u00e9e de pr\u00e8s de 80&nbsp;000 lits au d\u00e9but des ann\u00e9es 80 \u00e0 pr\u00e8s de 40&nbsp;000 aujourd\u2019hui. L\u2019une des cons\u00e9quences est que la dur\u00e9e moyenne de s\u00e9jour est tr\u00e8s courte, 18 jours environ, ce qui est le temps n\u00e9cessaire pour calmer un \u00e9tat psychiatrique aigue, mais est insuffisant pour stabiliser de fa\u00e7on durable le patient et s\u2019assurer que le risque de rechute soit le plus faible possible. Une autre raison est le fait que les maladies psychiatriques comme la schizophr\u00e9nie se d\u00e9clarent g\u00e9n\u00e9ralement au d\u00e9but de l\u2019\u00e2ge adulte. Fr\u00e9quement, les symptomes ne sont pas rep\u00e9r\u00e9s au d\u00e9but de la maladie. Quand les patients ont des troubles du comportement transgressifs en lien avec leur maladie, ce qui entraine la rupture dse liens familaux, la d\u00e9socialisation et, pour certains, l\u2019incarc\u00e9ration. Il est fr\u00e9quent qu\u2019un jeune patient ne rencontre un psychiatre pour la premi\u00e8re fois que lorsqu\u2019ilarrive en prison. Dans un autre registre de raisons, les expertises pronon\u00e7ant l\u2019irresponsabilit\u00e9 p\u00e9nale en cas de maladie psychiatrique sont de moins en moins fr\u00e9quentes. Cet \u00e9tat de fait est en bonne partie d\u00fb \u00e0 une opinion publique qui n\u2019accepte plus que les auteurs d\u2019agressions graves ne soient pas mis en prison, quand bien m\u00eame souffriraient-ils d\u2019une maladie psychiarique. Les experts suivent les mouvements d\u2019opinion publique, et certains patients qui auraient d\u00fb \u00eatre hospitalis\u00e9s se retrouvent incarc\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ces raisons, et d\u2019autres encore, font que les prisons deviennent des lieux d\u2019hospitalisation en psychiatrie par d\u00e9faut, ce qui n\u2019est moralement pas acceptable pour les patients. Et de surcroit, cela met les autres d\u00e9tenus et les surveillants p\u00e9nitentiaires face \u00e0 des situations de crise qu\u2019ils ne peuvent pas g\u00e9rer, faute de moyens et faute de comp\u00e9tences<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La population carc\u00e9rale se caract\u00e9rise par une pr\u00e9valence de 4 \u00e0 6 fois plus \u00e9lev\u00e9e de maladies psychiatriques que la&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":546,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/691"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=691"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/691\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":692,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/691\/revisions\/692"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/wp-json\/wp\/v2\/media\/546"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=691"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=691"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.regardsprotestants.com\/jap\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=691"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}